Journée de la Femme - La présidente du GIHP Madame Roche
Article du magasine Harmonie de Mars 2009
JOCELYNE ROCHE, CETTE FEMME ASSISE est une FEMME DEBOUT
Présidente du GIHP Languedoc-Roussillon, Jocelyne Roche est une battante. Son combat pour la qualité de vie des personnes handicapées est un exemple d’obstination et de courage. Des qualités bien féminines !
De sa Lorraine natale, on remarque d’emblée l’azur de ses yeux et un teint un peu pâle, éclairé par un sourire très lumineux. Jocelyne Roche, présidente du Groupement pour l’Insertion des personnes Handicapées Physiques du Languedoc-Roussillon, est une dame à l’étole violette. Elle est coquette, féminine, expressive, passionnée. La myopathie qui l’atteint depuis trente ans, le fauteuil roulant qu’elle transforme en trône de majesté, n’altèrent en rien sa bonne humeur et sa détermination concernant la qualité de vie des personnes handicapées. « Je me souviens du temps où je marchais encore. J’occupais alors un poste administratif dans un bureau, à Metz. Je me rappelle du sentiment tenace de ne m’être pas accomplie dans la vie. à vrai dire, je m’ennuyais beaucoup ! Et puis il est venu le jour attendu et redouté où mes jambes ne me portaient plus. Un moment dur que j’avais envisagé cent fois, avec un recul serein et un calme apparent et qui a explosé dans la douleur et la honte. Je ne supportais pas que mes collègues, qui m’avaient connue debout, me voient assise, à perpétuité, sur un fauteuil roulant. J’avais l’impression d’être diminuée aux yeux des autres. On ne me parlait plus directement, on s’adressait à la personne qui m’accompagnait comme si ma tête faisait partie de mon handicap. Colère, frustration, peine m’envahissaient». Alors, pour ne pas baisser les bras, Jocelyne Roche se botte les fesses et prend une grande décision.« Pour fuir la surprotection familiale et la stupéfaction« attristée » de mes relations, je décide de fuir la Lorraine et de venir à Lamalou-les-Bains ».
Toujours être actrice de sa vie.
Le séjour dans cette station célèbre pour ses établissements de rééducation, ses bains de boues et son goût de l’opérette, durera cinq ans. Le temps de décontracter ses muscles noués et de sentir que son cœur bat un peu plus vite. C’est la rencontre avec celui qui allait devenir son mari. « La prise en charge à Lamalou les Bains étant trop limitée en ce qui concerne la vie quotidienne, nous voilà partis avec mon mari à Montpellier ». Un joli bout de chemin ensemble avant qu’il ne perde le combat inégal avec la sclérose en plaque. C’est alors que sa vie sociale bascule. Jocelyne Roche s’engage dans le milieu associatif. D’abord avec l’Association Française des Myopathes, puis avec le GIHP. Entre-temps, elle fonde l’association« Rescousse » dédiée à l’accompagnement et à la vie quotidienne des personnes handicapées. Naturellement, les questions de transport sont importantes mais, ce dont je suis fière au cours de mes six années de présidence, c’est d’avoir développé l’aide à domicile, les rondes de nuit qui sécurisent les personnes et de voir enfin aboutir le projet que nous avons avec l’Agglomération et ACM, à savoir, six appartements dédiés à la vie quotidienne des personnes en fauteuil. "Il suffit parfois de presque rien pour leur changer la vie. Aider à mettre un manteau, par exemple, avant de prendre le tramway pour une sortie au cinéma ». Femme de conviction et de combat, Jocelyne Roche ne décolère pas quand on relègue la santé et le médico-social derrière les intérêts financiers. « J’ai toujours voulu être actrice de ma vie. Le handicap ne doit jamais nous faire baisser les bras. Ce doit être une force mise au service des autres. Je reçois de la société, je lui rends ce que je peux ».
Jocelyne Roche, même si elle est assise sur son fauteuil roulant, n’en est pas prisonnière. C’est une femme debout, admirable et courageuse. Chapeau Madame !