Le GIHP à l'honneur dans le dossier du journal "Réadaptation" de mai 2009
Les services de transports adaptés en Languedoc-Roussillon. Interview de Pascal Brousse, directeur.
Quelle est l'importance du service de transports adaptés en région Languedoc Roussillon?
Le GIHP compte plusieurs services de transports adaptés à la demande dans des départements ou des agglomérations de la région : Montpellier, Béziers, Perpignan, Alès et la Communauté de communes du pays de l'Or ... également dans les départements des Pyrénées Orientales, du Gard et de l'Hérault. Le GIHP propose une soixantaine de véhicules aménagés et 80 conducteurs qui vont assurer des prises en charge de type porte à porte.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de ce service et le coût pour l'usager ?
Il faut que la personne handicapée puisse disposer d'une carte d'invalidité à 80 %. Les services sont principalement destinés à des personnes en fauteuil roulant ou à des personnes aveugles ou malvoyantes. On trouve également des personnes semi-valides qui peuvent intégrer certains services, sous conditions. Quand aux tarifs, ils sont fonction des services. Ils peuvent varier d'un euro par transport jusqu'à 5, 6 ou 8 Euros selon l'éloignement. En moyenne, la tarification des services tourne autour de 2,40 €:
Vous faites fonctionner actuellement un service Internet de réservation en temps réel accessible aux personnes aveugles. N'est-ce pas une première en France ?
Oui, le GIHP Languedoc-Roussillon a mis en ligne un site de réservation pour les services de transport de personnes à mobilité réduite, 7 jours sur 7, 24 h sur 24. Ce dispositif permet de réserver, d'annuler ou de consulter ses transports, sans passer par un opérateur, en temps réel, en s'interfaçant directement avec la base de données ... Cela apporte une grande souplesse d'usage pour les usagers. La grande particularité de ce site Internet, c'est qu'il a été rendu "accessible" aux personnes handicapées avec des systèmes de saisie simplifiées Pour des personnes qui ont des difficultés à mobiliser leurs doigts. Mais le tour de force réside dans le fait de le rendre également "accessible" pour les personnes qui ont une déficience visuelle. Ce qui veut dire que les personnes équipées, soit d'une plage braille, soit d'une synthèse vocale arrivent à prendre connaissance des informations sur le site Internet. C'est une véritable révolution pour les personnes aveugles ou malvoyantes qui peuvent accéder directement aux informations. Ce système a été créé sur une idée du GIHP, avec la compétence informatique de la Société Opene's et grâce à l'aide de l'Union des Aveugles de Montpellier.
Vous avez un service que vous appelez "Correspondance Tramway". En quoi cela consiste-t-il ?
Il s'agit d'un voyage avec un transit partagé entre un service de transport adapté et un réseau structuré de transport en commun, le tramway en l'occurrence. Concrètement, on peut imaginer un véhicule de transport adapté qui se présente au domicile d'une personne handicapée, va assurer sa prise en charge et la déposer sur un arrêt de tramway accessible, dont les abords ont été validés préalablement en terme d'autonomie pour la personne handicapée. Le tramway assure la continuité de son acheminement vers son lieu de destination situé sur le tracé de la ligne de Tram. Il s'agit du dispositif mis en place en partenariat avec l' Agglomération de Montpellier et TAM qui utilise de manière dynamique avec des effets de synergie son équipement de qualité, pour plus de mobilité.
Vous proposez également des voitures adaptées qu'on peut louer. Quel est le coût d'utilisation de ces véhicules pour la personne qui le loue ?
On s'est attaché à ce que le service présente un coût qui reste abordable aux personnes handicapées. On se rend compte que nos tarifications sont toujours inférieures à celles que peuvent proposer des sociétés privées. Elles varient en fonction de la durée de la location, à la journée, le week end ou pour des périodes plus longues qui peuvent aller d'une semaine, voire un mois ou davantage. L'objectif est de répondre aux besoins des personnes handicapées. Aujourd'hui le service fonctionne avec deux véhicules qui permettent le transport d'une personne en fauteuil roulant. Le deuxième véhicule a été mis en place récemment. Prochainement nous allons proposer ce service avec des véhicules qui permettent le transport de plusieurs personnes en fauteuil roulant.
Quel est le nombre de bénéficiaires jusqu'à présent?
Nous avons une vingtaine d'utilisateurs réguliers ou ponctuels.
Ces utilisateurs sont-ils satisfaits de cette formule, qui est sans doute unique?
Satisfaits, bien sûr! Elle leur apporte un surplus de mobilité très important. Nos services de transport peuvent intervenir sur des déplacements interurbains, départementaux, un peu plus difficilement sur des déplacements au sein de la région. Là, l'autonomie obtenue leur permet d'aller sur des destinations encore plus longues, voire à l'étranger.
Les services à la personne en Languedoc-Roussillon. Interview de Pascal Brousse, directeur.
Quelle est l'importance de votre service d'auxiliaires de vie? Combien de personnes employez-vous et quel est son rôle?
Le GIHP Languedoc-Roussillon emploie 40 auxiliaires de vie, principalement des personnes à temps plein. Il a réalisé environ 53000 heures d'intervention en 2008 et envisage d'en réaliser 70000 en 2009.C'est une activité en fort développement. Le service a une spécificité pour accompagner des personnes handicapées avec une dépendance physique importante, mais aussi des personnes âgées également dépendantes.
Assiste-t-on à une évolution des bénéficiaires ? Ces services ont·ils connu une évolution?
Ce sont des services qui ont été créés en 1982 sur la base des subventions DDASS. Leur activité fait l'objet d'une reconnaissance d'activité auprès des Comités Régionaux d'Orientation Sociale et Médico-Sociale dans la mesure où la loi de janvier 2002 a fait rentrer l'aide à domicile dans le secteur social et médico-social. Dans un deuxième temps, avec la loi de février 2005 qui a mis en place la prestation de compensation, on a assisté à une évolution du public. La "solvabilisation" de l'aide humaine conduit vers nos services des personnes ayant une dépendance importante avec des prestations de compensation en aides humaines élevées. Parallèlement, des personnes relevant de l'ACTP, qui étaient accompagnées par le service jusqu'à présent, mais qui ont fait le choix de rester sur l'ACTP, nous ont quitté progressivement en raison de l'évolution du tarif consécutive à la suppression des subventions DDASS.
Quelles sont les aides que vous apportez aux bénéficiaires dans leur vie quotidienne ?
De manière générale, l'aide à la personne quand elles ont un handicap important. Elles ont recours au service pour le lever le matin jusqu'au coucher le soir, en passant par l'aide à la toilette, l'habillage, la prise des repas et leurs préparations, mais aussi faciliter leurs tâches administratives, faire des courses ou également tenir compagnie.
service à la personne en Languedoc-Roussillon
N'avez-vous pas créé sur Montpellier un service de garde de nuit itinérante ? En quoi consiste ce service ?
Nous avons effectivement mis en place, grâce à l'aide du Conseil Général de l'Herault, il y a un peu plus de 12 mois, un service innovant de garde de nuit itinérante que nous avons appelé "ronde de nuit". Il s'agit d'un service d'aide et d'accompagnement à domicile, qui intervient 7 jours sur 7, de 22h à 6h du matin, pour des prestations programmées mais aussi à la demande, de type coucher tardif, levers matinaux ou besoins physiologiques et de confort, passage pour une présence rassurante ou un changement de position.
Comment se finance ce service ? Par les bénéficiaires ou un autre organisme?
Nous avons fait le choix d'inscrire ce service dans le cadre d'un service d'aide à domicile autorisé et non pas d'un service agréé. Après passage en CROSMS et autorisation de Président du Conseil Général de l'Hérault, les services de la Direction des personnes handicapées fixent le tarif. Ce dernier est payé par la prestation de compensation du handicap, sans reste à charge pour le bénéficiaire.
A Sète, vous avez créé un service d'accueil. En quoi consiste-t-il ?
Il s'agit d'un accueil de jour qui prend en charge 18 personnes au minimum 2 fois par semaine et jusqu'à 5 fois par semaine. C'est une structure qui offre une alternative à la vie en établissement, pour les personnes handicapées ayant principalement un handicap moteur, qui ont fait le choix d'une vie à domicile. Durant la journée, il peut y avoir différents besoins qui font qu'une prise en charge pour un accueil de jour soit nécessaire.
L'accompagnement aux étudiants. Interview de Pascal Brousse, directeur.
L'Université du Languedoc-Roussillon comprend un nombre conséquent d'étudiants. Aussi était-il normal que le GIHP s'intéresse à cette catégorie de personnes qui ont des besoins particuliers. Nous présentons l'activité de ce service.
A qui s'adresse ce service?
Le GIHP est spécialisé dans l'accompagnement des personnes porteuses d'un handicap moteur. Ce service est destiné aux étudiants inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur de la région Languedoc-Roussillon et aux personnes suivant une formation continue.
Quel est le nombre de bénéficiaires ?
Le service accompagne 6 étudiants sur l'année 2008-2009.
S'agit-il le plus souvent de personnes lourdement atteintes ?
Les personnes accompagnées par le service présentent souvent une dépendance importante sur le plan physique.
Le nombre d'étudiants accompagnés est, semble-t-il, en diminution?
Le service a connu effectivement une baisse du nombre d'étudiants pris en charge par rapport à l'année universitaire 2007-2008. le nombre d'étudiants passant de 14 à 6.
Y voyez-vous une raison ?
Cette situation résulte de la conjugaison de deux facteurs. D'une part, des étudiants ont terminé leur cycle de formation. D'autre part, des universités ont développé des services spécifiques à l'accueil des étudiants handicapés, s'inscrivant dans le cadre de la loi de février 2005. Néanmoins, ces services travaillent pour la plupart en étroite collaboration avec le SAEH du GIHP, compte tenu de l'expérience acquise depuis près de 10 ans et des compétences développées pour la prise en charge des étudiants avec une dépendance importante.
Quelles sont les missions de ce service ? Ne fait-il pas double emploi, du moins pour certaines prestations, avec le Service d'accueil des étudiants dans les Universités ?
Il faut rappeler aux étudiants handicapés que si la loi de février 2005 oblige l'université à assurer l'accueil et l'accompagnement des étudiants handicapés, ces derniers demeurent libres de choisir leur service d'accompagnement. La prestation de compensation du handicap repose d'ailleurs sur un principe de libre choix des intervenants en matière d'aide humaine. Par ailleurs, certaines universités souhaitent établir des partenariats/relations avec le secteur associatif.
Le personnel engagé est-il spécialement formé à accompagner des étudiants handicapés?
Les intervenants sont recrutés avec des compétences dans la filière d'enseignement suivi par l'étudiant.
Quel est généralement leur niveau ?
Leur niveau est au moins équivalent, le plus souvent, supérieur à celui de l'étudiant. Il bénéficie d'une formation de portée générale adaptée au handicap et à la situation de l'étudiant suivi. le choix de l'intervenant et validé en dernier ressort par l'étudiant.
Quelle est la situation de ce service par rapport au GRAPHES?
Depuis sa création, le GRAPHES a accompagné à travers ses associations membres les étudiants handicapés de la région en fonction de la nature du handicap de l'étudiant, ainsi le CESDA et l'ARIEDA assuraient la prise en charge des étudiants atteints d'une déficience auditive, l'Union des Aveugles celle concernée par un handicap visuel et le GIHP
les étudiants ayant un handicap moteur. Depuis la rentrée 2007-2008, chaque association continue cette prise en charge en traitant directement avec chaque université concernée; le GRAPHES assurant quant à lui une mission plus politique.
Comment ce service est-il financé?
Après une prise de contact avec l'étudiant et une demande d'accompagnement, le SAEH prend contact avec l'université (ou un établissement d'enseignement supérieur) concernée. Une convention est ensuite établie entre l'université et le service pour le(s) étudiant(s) concerné(s) en fonction de l'évaluation des besoins qui aura été réalisée et du plan de compensation qui en aura découlé. le service facturera ensuite les interventions en fonction du barème de tarification qui a été établi dans la typologie des prestations et compétences, réalisé dans le cadre du comité de pilotage interministériel d'aide et d'accueil des étudiants handicapés, sous l'égide de Patrick Gohet.